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Avant de commencer à écrire ce blog, je voudrais dire quelques mots sur ma vision de la science, car elle va inévitablement influencer la façon dont je vais partager mes explorations.

 

1.Aspect N°1 : Il existe, fort heureusement, plusieurs approches à la science


Je vais commencer, ici, en citant les mots d’un grand neurologue que je trouve tout simplement génial : V. S. Ramachandran. Il a été nommé le « Marco polo des Neurosciences ». Il a une approche scientifique que certains pourraient considérer comme peu orthodoxe, voire simpliste, et pourtant sa contribution scientifique est reconnue mondialement (je posterai des vidéos de lui dans les articles à venir).

Voici sa vision de la science, vision qui résonne particulièrement avec la mienne :

« La science a besoin de variété de styles et d’approches. La plupart des chercheurs ont besoin de se spécialiser, mais la science, en général, est plus robuste quand les chercheurs avancent selon différentes perspectives. L’homogénéité engendre la faiblesse : angles morts théoriques, paradigmes périmés, mentalités fermées, cultes de personnalités.  La Science gagne à inclure les confus abstraits, les professeurs distraits, les obsédés du contrôle, les acariâtres accros de statistiques, les avocats du diable congénitaux ayant le sens de la contradiction, les littéralistes durs à cuire qui ont besoin de données solides, les romantiques aux étoiles dans les yeux, qui s’embarquent sur des aventures à hauts risques et bénéfices, et qui trébuchent souvent, tout au long du chemin. (…) S’enfermer dans des spécialisations en forme de culs de sac étroits, et dans des clubs dont l’adhésion n’est ouverte qu’à ceux qui se félicitent et se sponsorisent entre eux, est un risque professionnel en science moderne. »

V S. Ramachandran, traduction libre d’un paragraphe de son livre : « The Tell-Tale brain: a neuroscientist’s quest for what makes us human« 


Ces mots ne peuvent-ils pas s’appliquer à n’importe quel domaine/chose/personne de la vie sur cette planète et pas seulement la science ?…

Voici donc l’aspect N°1 de ma vision de la science, qui va influencer la façon dont je vais écrire ce blog : je vais prendre en compte différentes perspectives. Et je vais y apporter ma propre interprétation des choses. Je vous invite d’ailleurs à enrichir ce blog, au travers de vos commentaires, de vos différentes visions, car, comme dit Ramachandran, l’homogénéité engendre la faiblesse. Alors, engendrons la force, en apportant de la diversité !

 

2. Aspect N°2 : Croire en ce qui est prouvé versus croire en ce qui marche pour soi

Le deuxième aspect de ma vision de la science, qui va influencer la façon dont je vais écrire ce blog, est la suivante : je n’ai longtemps cru qu’en ce que je voyais, ou pouvais prouver de façon rationnelle/scientifique.

Jusqu’au jour, où, j’ai expérimenté des choses dans ma vie que je ne pouvais pas vraiment expliquer scientifiquement. Je me suis rendue compte à quel point cette façon de voir les choses étaient réductionniste… Finalement, j’étais adhérente à ce club, ou cul de sac étroit, dont Ramachandran parlait (voir ci-dessus).

Et puis, en me penchant sur le sujet un peu plus longtemps, je me suis aperçue, aussi, que de grandes avancées scientifiques avaient été faites par des chercheurs qui avaient su mettre en avant des théories nouvelles, sans pour autant pouvoir les mesurer avec un appareil ! Prix Nobel Niels Bohr et sa théorie de complémentarité en est un exemple concret – sans cette théorie de mécanique quantique, vous ne seriez pas en train de lire ces lignes d’ailleurs, car les ordinateurs n’existeraient pas. Cette théorie, qui engendra bien des débats entre Einstein et Bohr, ne fut prouvée que plusieurs décennies plus tard…

Du coup, j’ai changé ma vision, il y a quelques années de cela maintenant, de « Je ne crois qu’en ce que je vois » par:

« Tant que l’on n’a pas prouvé que quelque chose n’est pas possible (et encore, faut-il prouver que cette étude est bien fondée/pensée/mesurée), et bien il y a une possibilité que cela soit possible »…

mais encore :

« Essais-le par toi-même, et tu verras bien si ça marche pour TOI ou pas »…

Car au bout du compte, qu’est-ce qui importe ? que cela soit prouvé scientifiquement, ou que ça marche pour toi ?…

 

3. Aspect N°3 : Les preuves scientifiques sont-elle fiables de toute façon ?…

 

Autre aspect de ma vision des choses : les preuves scientifiques sont pour moi des indicateurs importants, certes, mais il me semble important de savoir les questionner.

Pourquoi ?

Plusieurs raisons:

  • La science est constamment en mouvement, les théories peuvent donc changer ou évoluer: la terre n’était-elle pas plate ? et l’atome n’était-il pas la plus petite particule existante, il y a de cela un certain temps ?…
  • Les expériences scientifiques ont plusieurs limites/challenges à surmonter :
    • Poser la bonne hypothèse ou question n’est pas si facile que ça : différentes questions donnent différentes réponses ! Cela parait d’une évidence telle, et pourtant, il n’est pas si simple que cela de se poser les bonnes questions quant on en vient à prouver quelque chose. Si l’on pose la mauvaise question, alors on met en place la mauvaise expérience, et les conclusions de cette expérience sont alors inutilisables.
    • Utiliser la bonne technologie de mesure est limitée : nos appareils de mesure sont limités, d’une part, par notre capacité mentale à concevoir le bon appareil de mesure, et d’autre part, par notre capacité/avancement technologique pour le construire concrètement.
    • La bonne analyse des résultats n’est pas forcément garantie : on a tous tendance à voir ce que l’on a envie de voir : notre cerveau est programmé comme cela. Il faut donc savoir être critique avec soi-même, et son interprétation des résultats.

Il y a donc beaucoup d’obstacles à surmonter pour arriver à une « preuve scientifique » qui soit solide. Et quand bien même, elle sera peut-être challengée quelques décennies ou siècles plus tard, avec les nouvelles avancées intellectuelles ou technologiques. Voilà pourquoi j’aime questionner ces « preuves scientifiques »…


Conclusion :

Alors, tout cela pour dire que :

  • Vive la diversité, l’hétérogénéité, les différences d’opinion. Notre planète serait bien ennuyeuse si nous avions tous les mêmes idées, comportements, valeurs etc. – et pourtant, ne passons nous pas notre temps à essayer de convertir les autres à notre façon de voir, ou de faire, les choses ?… moi la première !! ;o)…
  • Pour moi, absence de preuve ne veut pas dire « preuve que cela ne marche pas », et je pense qu’il faut donc savoir suivre sa propre opinion, sa propre expérience. Car après tout, n’est-on pas sur terre pour vivre NOTRE vie et non pas celle des autres (en restant respectueux de son entourage, bien-sûr) ? Je sais que personnellement, j’aurai toujours le désir de comprendre les choses, et donc d’analyser et de rationaliser. C’est ce que je veux faire dans ce blog d’ailleurs. Je serai donc toujours intéressée par l’avis des autres, leur expertise. Par contre j’espère, et pour toujours, continuer à expérimenter, à découvrir les choses par moi même, afin de voir si quelque chose me convient ou pas.
  • Troisième point, en lien avec le précédent : je crois aussi qu’il faut savoir questionner les preuves existantes, car elles ne sont pas forcément toujours fiables…

Voici donc les quelques aspects de ma vision de la science, qui vont influencer la façon dont je vais sculpter mes prochains articles.

Et vous, que pensez vous de tout cela ?

A bientôt ! :o)

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